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L'émouvant adieu de Laure Favre-Kahn
Cédrine ZWEIN
L'Union - 20 juillet 2010
Les portes de l’opéra de Reims ne sont pas encore ouvertes que déjà les bus se battent à coup de klaxon pour pouvoir atteindre l’arrêt du Grand Théâtre, tant la foule de flâneurs est importante. Et pour cause ! Hier soir avait lieu un des derniers concerts de ces 21es Flâneries avec en tête d’affiche la talentueuse Laure Favre-Kahn, artiste découverte grâce au festival. Une véritable chance que de pouvoir assister à un concert de cette qualité sans débourser un centime ! Les Rémois ne le savent que trop bien et il n’a fallu que quelques minutes pour remplir la grande salle. Imposante, la soi-disante élite !
Le public très varié ne fut pas déçu par cette longue attente. Car, quand Laure Favre-Kahn se met au piano pour jouer du Chopin, on retient son souffle ! Oui, Chopin, encore. Anniversaire oblige. Nos oreilles essoufflées de fin de festival auraient pu dire stop, mais non. Laure Favre-Kahn fut applaudie. Longuement et chaleureusement.
Toute l’écriture de Chopin était parfaitement mise en valeur. Les lignes contrapuntiques, les modulations savoureuses si chères aux romantiques, le contraste des caractères. Tout était là. Pas de place pour le rationnel dans le jeu, mais de la sensibilité, de l’intemporalité. L’équilibre entre technique et expressivité était parfait. Simple quand il le fallait, virtuose lorsque la partition le réclamait. Et ce recueillement qui habitait la jeune pianiste à la fin des pièces… comment ne pas être touché par ce piano si délicatement romantique et féminin ?
Oui, Laure Favre-Kahn fait partie des artistes que les Rémois ont adoptés, tout comme tant d’autres, et qui pourtant, un par un, nous font leurs adieux. Lors de la dédicace de fin de concert à Hervé Corre de Valmalète, directeur artistique « classique », Laure Favre-Kahn a du mal à retenir ses larmes. « Je suis très atteinte par son départ que je trouve extrêmement regrettable», nous livre calmement la pianiste. «Cela fait dix ans que je viens à Reims, que je retrouve cette scène. […] C’est un festival qui restera chargé de beaucoup de souvenirs, d’émotions, d’engagements, d’investissements et qui a permis des rencontres magnifiques. Et tout cela, je le lui dois. » Joignant la musique à la parole, Laure Favre-Kahn nous joue la première pièce des « Jeux d’enfants » de Schumann. Beau souvenir du récital donné en 2003, sur cette même scène. Le public impuissant n’a pu qu’applaudir de plus belle cette merveilleuse artiste qui nous a offert tant d’émotions tout le long de ces dix années.
L'émouvant adieu de Laure Favre-Kahn

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jeudi 09 septembre 2010